habiter | consommer | divertir, 2006-2012

Des prises de vue de chantiers. Elles introduisent une narration en latence. La photographie propose un point de vue et impose sa fixité. Le lieu de construction se contente de subir la prise de vue; le temps du déclenchement, il est mis en stand-by.

D'image en image, la série révèle un chantier, mais il n'y a pas d'acteur. Vidée de l'action, sans notion de temps, la prise de vue rapporte un point de vue figé. Les acteurs de l’ouvrage sont absents de l’image, la seule présence est le photographe, tout de même invisible, qui engage son point de vue par le cadrage.

Les fuyantes de l'image rappellent le volume du sujet malgré la perception plane donnée par la photographie. L'esthétisme de l'image a son importance, il est question de formes, de couleurs, de lumière réfléchie. Les détails permettent des repères tout en échappant à l'anecdote.

Par un cadrage relativement serré, on parle non pas de l'objet bâti, non pas de l’architecture dans son ensemble, mais bien d'une composition de matières. Le sujet en construction est un support.

[prises de vue à Sommentier, Ecoteaux, Renens, Montreux (dans le cadre de la formation à l'ECAL) et Montreuil/France (dans le cadre de la formation au CEPV)]